Donald Trump «dictateur» en devenir, ou président qui honore ses promesses électorales: démocrates et républicains sont restés campés sur leurs visions opposées mercredi soir au Congrès américain, lors d'une étape décisive de la procédure de destitution qui mènera certainement à sa mise en accusation historique.
La commission judiciaire de la Chambre des représentants, à majorité démocrate, s'est réunie pour débattre des deux chefs d'accusation retenus contre Donald Trump dans l'affaire ukrainienne: abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.
Mais il ne sera vraisemblablement pas destitué ensuite par le Sénat, seul habilité à le juger, car il est contrôlé par les républicains qui font bloc autour du milliardaire.
Deux mois d'enquête parlementaire et de longues heures de débats juridiques n'y ont rien fait: parmi la quarantaine de parlementaires siégeant à la commission, républicains et démocrates restent retranchés derrière les lignes de leurs partis.
Pour les démocrates, Donald Trump a abusé de ses pouvoirs en demandant, cet été, à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020. Il a fait pression sur Kiev, accusent-ils, en suspendant notamment à la même époque une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie.
Les républicains, eux, font écho au président qui nie toute pression sur l'Ukraine. Ils accusent les démocrates de chercher, avec cette procédure «bidon», à se débarrasser d'un président qu'ils ne peuvent pas battre dans les urnes.